Institut pour l'ApprocheCentrée sur la
Personne
Person-Centered Approach Institute France
L'institut est la branche
francophone du P.C.A.I. International (lugano),dont
CarlRogers est l'un des fondateurs.
Il a été créé pour répondre aux demandesde formation à
l'Approche Centrée sur la Personne et à la Psychothérapie
Centrée surle Client en Europe.
Il est membre de la Fédération Française de Psychothérapie.
Il organise divers ateliers et cycles de formation,
notamment le :
"Programme Européen de Formation et
d'Entraînement
à la Psychothérapie Centrée sur le Client, au Counseling,
et aux Applications de l'Approche Centrée sur la
Personne"
1000 heures sur trois ans.
Un message de Carl Rogers
aux participants du programme :
Ce programme est selon moi un programme complet :
Il offre aux participants l'occasion de faire l'expérience
de tout ce qui existe sur l'Approche Centrée sur la
Personne, de s'en pénètrer et d'en poursuivre la démarche
dans des directions que nul n'a encore imaginées.
Le programme comportera une immersion dans la philosophie
fondamentale del'Approche Centrée sur la Personne et
procurera une connaissance des formulations théoriques qui
en ont été faites.
Mais il comprendra aussi une présentation des tout nouveaux
concepts de la science moderne, concepts qui vont bien au
delà du modèle trop simplificateur du rapport de cause à
effet qui a dominé jusqu'ici la recherche psychologique :
Les participants seront encouragés à élaborer des projets
de recherches inédits à partir de ces modèles
épistémologiques nouveaux et adéquats.
Ils pratiqueront l'écoute empathique supervisée, avec
utilisation de l'enregistrement sonore et de la vidéo.
La pratique les aidera à engendrer par leurs attitudes un
climat favorable au développement de la personne.
La totalité du programme sera imprégnée d'expériences
pratiques soumises à postériori à un examen attentif et à
une réflexion approfondie.
L'étude portera aussi sur les implications de l'Approche
Centrée sur la Personne dans des domaines très divers tels
que :
- la psychothérapie centrée sur le client
- l'éducation
- la création de communautés
- le champ des activités médicales et dentaires
- le monde des affaires
- les milieux gouvernementaux et les administrations
- les relations homme-femme
- la découverte de la féminité chez l'homme et de la
masculinité chez la femme
- les mouvements du corps et l'art comme moyens
d'expression de la personne
- la résolution des conflits intérieurs aux personnes, aux
familles et aux groupes
- la compréhension et la communication interculturelles
- le monde des rêves
- le transcendantal et le spirituel.
J'appuie sans réserve ce programme auquel j'espère bien
avoir l'occasion de participer.
Carl R. Rogers, février 1980.
Le témoignage d'une participante
sur cette formation
Dans cette formation,
s'approcher de soi est l'essentiel, le socle.
C'est celà qui permet de s'approcher de l'autre et
d'acquérir ensuite un savoir faire dans la relation d'aide.
La pédagogie et l'enseignement se fondent sur la liberté,
et l'expérientiel.
S'approcher de
soi
Dans la formation ACP, contrairement aux autres me
semble-t-il, on se consacre d'abord à se "soigner"
soi-même, à reconnaître qu'on en a besoin.
On n'évite pas de se découvrir soi : humain, faillible,
fermé, peureux, dur, méprisant....
Et aussi, dans un second temps : courageux, généreux,
aimant, tendre, respectueux...
On y découvre, en l'expérimentant, combien l'évitement de
soi peut être source de souffrance et de blocage.
On y intègre que nos ambiguités et nos contradictions
peuvent cohabiter, que reconnaître nos émotions est plus
"soignant" qu'expliquer, interprèter ou solutionner, et
qu'il faut beaucoup de courage, de patience et de confiance
pour s'approcher de soi et que cette démarche est
douloureuse autant que libératrice.
Ce chemin qui mène à l'acceptation de soi, à "consentir à
être soi", à un confort d'être soi, on le suit d'abord avec
et pour soi-même.
S'approcher des
autres
Cette expérience avec soi-même, de soi, permet l'expérience
de l'autre ; comme on l'a faite pour soi-même, on la fait
vers l'autre.
Petit à petit, on constate que de la même manière qu'on
s'est ouvert à soi, on s'ouvre à l'autre.
On intègre en soi - et non intellectuellement - que l'autre
est, comme nous, unique et différent.
Qu'il a, comme nous, ses difficultés et ses souffrances,
parfois proches des nôtres, parfois totalement hors de nos
repères.
Qu'il fait, comme nous, ce qu'il peut.
Qu'il a, comme nous, une grande peur d'être jugé.
Qu'il a été contraint, comme nous, de s'éloigner de
lui-même et que le retour à lui est long et difficile.
Qu'il mérite, comme nous, d'être respecté pour ce qu'il
est.
La pédagogie
Dans cette formation, il ne s'agit pas d'expérimenter quoi
que ce soit de programmé ou d'artificiel, mais d'être
présent à ce qu'il advient.
On ne part pas d'idées ou de conceptions, mais de ce qui
survient très concrètement dans la vie du groupe, de chacun
de ses membres et de soi-même : Une chaise déplacée, une
modification d'horaire, un témoignage, un désir exprimé, un
débat ou un exposé théorique amènent des vécus qui nous
parlent de nous, qui nous révèlent à nous-mêmes.
En fait, il s'y reproduit les mêmes choses que dans la vie
"pour de vrai" : On s'y accroche, on s'y refuse, on s'y
ferme, on se heurte à soi et aux autres, on pleure et on
souffre.
Mais dans ce lieu privilégié de découverte et
d'approfondissement, pour une fois, on n'en reste pas là :
On approfondit, on partage, on échange, on s'écoute, chacun
comme il le veut et le peut.
On apprend à respecter ses limites et celles de l'autre.
Ainsi, on apprend par le vécu le plus vrai et le plus pur,
ce qui nous meut les uns les autres.
C'est une appréhension "organismique", une compréhension
qui s'installe en soi et dont on n'a pas toujours
conscience, mais qui s'intègre en profondeur.
Selon moi, l'apprentissage qui en résulte est bien plus
assimilé, bien plus profond et bien plus puissant que dans
une formation axée sur la théorie et la méthode, où l'on se
centre sur l'autre et l'objectif de "soigner" plus que sur
soi-même, ce soi-même dont tout va partir.
Il est de l'ordre de l'expérience et du vécu, et non du
mental.
Des "résultats" on en constate beaucoup, de manière non
prévisible, mais qui prennent place très concrètement dans
notre vie : progressivement, on se sent apaisé, plus
détendu, plus heureux, plus ouvert, plus acceptant et plus
authentique aussi, vis à vis de soi et vis à vis des
autres.
Par la suite, ces mieux-êtres et ces attitudes, on ne peut
plus s'en passer, on les recherche instinctivement.
On perd fréquemment cet équilibre, mais désormais cette
voie là est possible, et on est constamment à sa recherche.
L'enseignement
Théorie et savoir faire viennent se poser sur cet
apprentissage intérieur sans lequel, à mon sens, aucun
savoir thérapeutique n'aurait de valeur.
Sur cette expérience donc, qui a permis de développer
"spontanément" des attitudes - écoute, respect,
non-jugement - peut alors venir s'installer un savoir faire
qui lui, se travaille et s'affine par des exercices divers,
toujours très proches de la réalité : c'est l'écoute, au
sens large.
Développement personnel, et "travail" du savoir faire
permettent, ensemble, d'offrir un climat falicitant à la
personne accompagnée, "nécessaire et suffisant" pour
qu'elle se développe.
Les conditions décrites par Rogers, et dont on approfondit
le sens et la pratique en formation, définissent ce climat
; empathie, acceptation inconditionnelle, congruence,
centration sur la personne et non sur son problème.
L'ACP, c'est aussi une philosophie, une "position de vie" :
la foi en l'autre et son potentiel, la confiance dans ce
qu'il développera et dont nous ignorons tout mais à quoi
nous nous fions, le souci d'imprimer le moins de
directivité possible pour que ses ressources se développent
conformément à lui, et non à nous.
Cette philosophie n'est pas qu'une idée : c'est une
attitude ancrée en soi, consciente et inconsciente, jamais
acquise, toujours en développement.
Une attitude qu'on "sent " en soi, et qu'on perd aussi
parfois, mais dont on a toujours soif.