1ère Session intensive,
Nous nous sommes retrouvés à 16
13 stagiaires, 2 " facilitatrices "Olga et Lee et une
traductrice,
pour le 1er séminaire intensif de 9 jours du15eme groupe de
formation organisé par le P.C.A.I.F.
Nous étions à Habère Poche, en Haute Savoie, non loin
d'Annemasse et de Genève,dans un centre familial de
vacances, en pleine nature dans la "ValléeVerte".
J'étais très angoissé de cette première rencontre : qui
allait être là, la qualité des animatrices allait- elle
correspondre à mon attente, quelles choses
sortiraient-elles de moi ?
D'emblée la présence sereine et calme des facilitatrices me
rassura, et par la suite j'appréciai le rareté et la
pertinence de leurs interventions.
De grands silences se sont souvent installés, sans qu'elles
y mettent un terme elles-mêmes.
Pour moi le silence est très important, il laisse le temps
d'aller au fond de soi-même.
Quant aux personnes, certaines me plaisaient, d'autres pas.
J'ai bien sûr commencé à me rapprocher de celles qui me
plaisaient, puis, au fur et à mesure du déroulement de la
session, j'ai mieux découvert les autres.
Alors qu'elles se dévoilaient et s'exprimaient d'une façon
plus personnelle, je leur trouvais de grandes qualités, et
découvrais qu'elles avaient eu des expériences communes
avec moi, ce qui me faisait me sentir plus proche d'elles.
Mais il reste encore une ou deux personnes dont je n'ai pas
encore entendu parler d'elles mêmes, et dont je me sens
encore éloigné.
Ce qui est sorti de moi a été à certains moments terrible
et m'a épuisé, ce qui fait que j'ai passé l'unique
après-midi libre à dormir.
Le Yi King et le Tarot m'avaient bien prévenu que ce ne
serait pas facile, et avaient même parlé de danger.
Au moment de concrétiser ma décision initiale de
participer, je me sentais démotivé, dans le doute.
Ce qui m'a aidé à finalement venir a été de pouvoir prendre
contact avec ma peur : Peur du changement, peur de
l'inconnu, à l'extérieur et en moi-même.
Je me dis que je ne changerai rien à ma vie, et cela me
rassura.
Au fil des jours, nous avons tissé entre nous des liens
très forts.
Il y avait ce que nous disions pendant les séances, devant
le groupe entier, et aussi les échanges hors du groupe,
pendant les pauses, au déjeuner et au dîner, pendant la
soirée.
Nous finîmes par nous dire que nous étions un groupe
exceptionnel, fait de personnes très différentes mais
complémentaires.
Chacun y avait sa place, pratiquement irremplaçable.
Aussi quand l'un des 4 hommes nous dit qu'il ne
continuerait pas, ce fut un grand émoi. Il persista dans sa
décision malgré les puissantes et diverses manifestations
de notre attachement et de notre grand intérêt pour sa
personne.
Alors, quand il fut question de trouver un nom pour le
groupe, nous fîmes pour garder son souvenir un anagramme de
son prénom :
"la muse, s'alume, l'amuse"
mais ne pûmes arrêter notre choix, car il y avait d'autres
propositions:
"soleil, coton-tige",
et je ne sais plus quoi d'autre.
Au moment de se quitter ce furent d'énormes embrassades
très réchauffantes avec dans l'esprit la crainte de nous
retrouver dans le monde de tous les jours.
Nous avions en effet vécu 9 jours dans un monde à part très
protégé où nous pouvions nous exprimer totalement en toute
confiance, et étions très conscients que là où nous
retournions, ce n'était pas comme ça.
Comment allions nous vivre ce décalage ?
Pour ma part, le groupe fut très fortement présent en moi
pendant le voyage retour puis les premiers jours de mon
retour à la vie "normale".
C'était comme si je n'étais plus seul et avais toujours
cette présence avec moi.
Je lui parlais à l'intérieur de moi, comme je l'aurais fait
en réalité.
Une participante me téléphona et me dit vivre cette même
présence, et que cela l'aidait de parler au groupe à voix
haute.
Puis cette sensation s'estompa avec ma première difficulté,
une grande fatigue que j'éprouvais à être devant mon
ordinateur, comme si celui-ci me pompait mon énergie et me
vidait la tête.
J'ai heureusement depuis résolu le problème en ne mettant
plus l'écran sur l'unité centrale, en les mettant à la plus
grande distance possible, et en me tenant face à la
fenêtre.
Et c'est vrai qu'à présent j'éprouve un manque, je ressens
l'absence de ce groupe,surtout de certains participants,
que je vais essayer de compenser par les emails et les
coups de téléphone.
Ca va être long d'attendre le xx juillet, notre prochain
W.E. ensemble à Paris.
Notre traductrice nous
aime.... Sa lettre....
Cher Groupe,
Les 15 èmes
La Muse s'Allume et s'Amuse,
J'ai envie de vous écrire une lettre car j'avais vraiment
envie de vous dire que j'étais (et le suis toujours) très
heureuse de vous rencontrer.
C'est tellement agréable d'être avec des personnes qui
réfléchissent vraiment sur eux-mêmes, sur ce qu'ils
ressentent au plus profond d'eux-mêmes, dans l'ici et
maintenant.
Ca me réchauffe vraiment le coeur d'être avec des personnes
qui commencent à peine leur formation, et qui ont déjà une
réflexion aussi profonde.
En écrivant ça, je me rends compte que c'est un jugement
..... Mais il est tellement positif et plein d'amour !
C'était vraiment enrichissant et chouette, ainsi qu'un
bonheur d'être votre traductrice ou interprète.
Je ne m'étalerai pas plus longtemps car je pense avoir dit
l'essentiel et aussi car, en tant que traductrice, je tiens
à être discrète dans mes interventions !
Donc, merci pour tous de ce que j'ai appris avec vous.
Je vous embrasse très fort.
A bientôt
Lots of love.
Premier séminaire de week
end
La date tant attendue est enfin
arrivée.
Le rendez-vous était à Fontenay aux Roses à 14h, à la
résidence universitaire Lanteri, face à la gare du RER.
J'arrivai à 13h. Je fus accueilli et guidé par un des
participants,nous étions déjà 5 ou 6 à être là.
D'emblée je fus frappé par une retenue entre nous.
J'avais imaginé que dès le premier contact nous aurions
sauté dans les bras les uns des autres, aurions été très
démonstratifs dans nos retrouvailles.
Il n'en fut rien, comme si, en ce qui me concerne, il y
avait un décalage entre le souvenir que j'avais de la
personne et la personne réelle en face de moi. Comme une
différence entre le rêve et la réalité.
Nous étions tous dans ce même état de réserve, et il nous
fallut bien 2 demi-journées de travail pour arriver à
l'état de spontanéité et de confiance que nous avions connu
au séminaire précédent.
Cela créait une inquiétude quant à la validité de cette
formule de trois jours, s'il fallait déjà en passer la
moitié à nous retrouver, avant de pouvoir travailler
sérieusement.
Une nouvelle co-animatrice, Nicole, avait remplacé Lee, et
il n'y avait pas de traductrice, Nicole s'exprimant
directement en Français.
Je remarquai dès le début que la qualité de l'écoute avait
changé : Il n'y avait pratiquement plus d'interruptions, on
laissait s'exprimer les personnes jusqu'au bout.
Celles qui s'exprimaient étaient principalement celles qui
l'avaient peu fait la fois précédente.
Je m'exprimai très peu, sauf le samedi après-midi mon
désaccord quant à une proposition qui avait été faite de
trouver un nom au groupe.
Je n'étais pas entendu, et finalement dis avec colère
qu'ils "me faisaient tous chier".
La réaction de certaines personnes fut fortement
désapprobatrice et je me sentis mal à l'aise et coupable.
Le soir, je me sentis très triste, coupé du groupe, et fus
bien content de pouvoir accompagner deux participantes à la
gare de Lyon, ce qui nous donna le temps de bien échanger
entre nous et moi de me remettre bien.
Le dimanche matin trois participant(e)s et Olga se
séparèrent pour former un laboratoire d'empathie .
C'était le premier, une nouveauté pour notre groupe.
Mais avant qu'ils ne se séparent, je demandai au promoteur
de la proposition "trouver un nom au groupe" d'éclaircir ma
position avec lui, car je me sentais distant et en retrait,
et cela perturbait ma perception et ma situation dans tout
le groupe.
Il refusa car dit "avoir atteint ses limites", et craindre
être dans le jugement et l'interprétation.
Je proposai donc de reporter cela à plus tard, et néanmoins
me sentis libéré et serein.
Les personnes restantes avaient prévu un groupe à thème sur
le couple.
En fait, ce qui vint fut un thème sur la colère et le
couple, en relation avec ce qui s'était passé la veille.
Je vécus très intensément ce qui fut dit, et fus rassuré
d'entendre que la colère était présente chez tous, (pas
seulement chez moi), même chez ceux qui la réprouvaient.
Je fus spécialement intéressé par le long témoignage d'un
participant, qui exposa comment la colère était dans son
couple un moyen d'approfondissement et d'évolution de leur
relation (après explications, bien sûr), et au repas de
midi je me sentis léger et joyeux.
A la reprise, à 15h, il ne restait plus qu'une heure avant
notre nouvelle séparation.
Mais je ne ressentis pas cela comme dramatique, car depuis
le matin l'atmosphère était pour moi devenue si intense que
le notion de temps et d'espace s'était modifiée.
C'était comme si le temps de l'horloge n’existait plus, et
que l'instant présent primait tout, donnant l'impression
d'être"hors du temps".
J'avais auparavant déjà eu cette impression, quand je
faisais de l' Aikido avec ItsuoTsuda .
Une heure de cours me donnait l'impression d'avoir duré une
semaine, tellement j'en avais vécu intensément chaque
instant.
Au début de cette dernière heure, un long silence
s'installa, puis parlèrent des personnes, avec beaucoup
d'émotion, qui s'étaient peu exprimées jusque là.
Au moment de nous séparer, nous nous jetâmes à nouveau dans
les bras les uns des autres, et ce fut encore pour moi un
moment très fort.
Certain(e)s avaient cependant de la réserve, et faisaient
simplement la bise, à distance.
Je repartis encore immergé dans ce dernier instant, pendant
encore deux jours, puis me trouvai très triste. La
prochaine rencontre aurai lieu fin octobre. Comme c'était
lointain ! Et comme les mails et le téléphone ne
remplaçaient pas la personne physique,en face de nous !
Je me dis qu'il faudrait que je recrée cette atmosphère
ici, autour de moi.
Mais, dans les groupes dont je m'occupais jusqu'à présent,
cela ne se passait pas ainsi. Nous avions de bons rapports,
certes, mais pas aussi chaleureux et spontanés.
Sans doute à cause des règles que je pose en début de
groupe,pour éviter les problèmes : Ne pas parler des
personnes présentes, éviter de se rencontrer en dehors du
groupe en "amis".
J'eus des doutes sur ma capacité à assurer dans les groupes
dont je m'occupe la liberté que je trouve dans mon groupe
de formation, et je me demandai si je n'allais pas arrêter
d'animer, jusqu'à la fin de cette nouvelle expérience de
trois ans.
J'aviserai en fonction des demandes.
Ma mère remarqua ma tristesse et me le fit remarquer. Au
bout de deux jours je me décidai à lui en parler, elle
comprit très bien mes sentiments, et ma tristesse disparut
instantanément !
Avais-je recréé l'atmosphère du groupe à la maison?
Deuxième séminaire de WE
La réunion eut lieu au CREPS de
Chatenay-Malabry, proche banlieue sud de Paris, facilement
accessible en RER et bus.
Heureusement pour moi, car la veille au soir du départ, ma
fidèle voiture m'avait lâché.
Impossible de démarrer, un problème électrique. Je dus la
laisser emmener par le dépanneur, et passer la nuit à
l’hôtel, car j'étais à Rennes à la sortie d'une séance de
Katsugen.
Je dus prendre le train dès le lendemain matin, sans
pouvoir passer chez moi récupérer mes affaires
personnelles.
Cet incident inattendu me propulsa comme dans un autre
espace temps, hors de mon contexte habituel, où il me
fallait brusquement tout improviser.
Je me déconnectai complètement de mon train-train
quotidien, oubliant totalement mes préoccupations du
moment, et me sentis joyeux et dynamique.
Le lieu était fait de quelques bâtiments dispersés dans un
immense parc entouré de vieux murs, peuplé de nombreux
arbres de diverses essences, en groupe ou isolés, dont
certains très beaux et vénérables.
Nous avions avec nous, outre Olga toujours présente et dont
nous ne voulions pas nous séparer, un nouvel animateur,
Melchior.
C'était un grand noir costaud qui au début énerva certains
d'entre nous car, par rapport aux autres facilitateurs que
nous avions connus jusqu'ici, nous le ressentions comme
trop intervenant.
Après des remarques fermes et directes de la part de ces
quelques personnes (dont moi, évidemment), il dit :
"OK, ça fait partie de l'approche que le client fasse part
de ses besoins et que le facilitateur, dans la mesure où
c'est possible, en tienne compte.
Je me comporte selon mon attitude spontanée, mais si elle
vous gêne je vais faire de mon mieux pour accéder à votre
demande."
Effectivement il devint ensuite très discret, et à notre
demande apporta témoignage sur son activité professionnelle
:
L'aide à la réinsertion de prisonniers, qu'il visite dans
la prison, et ensuite reçoit, pour ceux qui le veulent, à
l'extérieur dans son cabinet.
L'échange se fit longuement sur comment avoir le regard
positif inconditionnel sur des criminels et être congruent,
en accord avec sa morale personnelle, et aussi comment être
empathique sans se laisser embarquer dans l'univers du
client.
Il disait que la plupart de ses clients ne se rendent pas
vraiment compte de ce qu'ils ont fait, et que la première
partie indispensable de son travail est d'attirer leur
attention sur leur victime.
Pour ma part j'admirais Melchior d'être capable de faire ce
travail, car personnellement je ne m'y voyais pas du tout.
J'étais très impressionné.
Il nous dit que bien sûr son expérience de vie l'avait
conduit à cela, sans donner plus de détails.
Nous nous orientons tous vers les domaines que notre
expérience personnelle nous a déjà fait explorer d'une
façon où d'une autre.
Un autre intérêt de son travail était de se trouver
confronté à des collègues psychologues d'obédiences
différentes auprès desquels il avait à justifier de la
valeur de son approche.
Il nous dit que pour cela il n'était pas démuni, et nous
incita vivement à utiliser nous-mêmes cette possibilité de
faire connaître l'approche, car Carl Rogers avait laissé
beaucoup de matériel écrit de grande valeur, et qu'il
fallait s'en servir.
Une facilitatrice stagiaire était là aussi, ancienne
participante du 13éme groupe. Son activité était en rapport
avec l'entreprise, elle faisait déjà cela avant sa
formation, et s'était déjà formée à d'autres approches
auparavant.
Ses formations antérieures devaient encore transparaître
dans son attitude, car nous la trouvions aussi très
intervenante. Après une mise au point, elle se fit aussi
discrète.
Je n'ai pas pour ma part bien saisi le sens de ses
interventions, sinon qu'elle savait bien prendre le langage
compréhensible par l'entrepreneur, avant tout préoccupé par
l'efficacité et le résultat.
J'étais un peu préoccupé de savoir comment cela se
passerait avec la personne avec qui j'avais eu un petit
problème le W.E. précedent.
Mais je la vis arriver assez effacée, à vrai dire avec une
sale tête.
Il nous dit être dans une période de très grande déprime,
alors que nous l'avions connu jusqu'à présent dans une
période haute. Qu'il était sujet ainsi régulièrement à des
hauts et des bas, et qu'il se fixait pour objectif
actuellement de se stabiliser dans un état moyen, plus
raisonnable et vivable, ceci avec l'aide de son médecin
personnel.
Qu'en conséquence, et aussi pour des raisons financières
car son financement d'entreprise lui avait été refusé, il
ne se sentait plus à sa place dans ce groupe, et à son
grand regret, le quittait.
La dernière séance fut entièrement consacrée à discuter
avec lui de son départ. Il était une personne importante
dans le groupe, et tout le monde le regrettait.
Moi-même, le voyant dans la déprime, je le voyais
différemment, comme si je voyais tout à coup la personne
entière, dont je me sentais tout à fait proche. Jusqu'à
présent, je n'avais vu que l'aspect "haut", qui m'énervait
singulièrement par son exubérance.
Pour ma part je ne parlai pas beaucoup, sauf pour raconter
avec force rires nerveux mon épisode "voiture". Ce
séminaire fut pour moi très calme et très serein, je me
sentais bien relié à tout le monde.
Même quand un sujet lourd fut abordé successivement par
plusieurs personnes, celui de la mort et du deuil, des
images personnelles me vinrent à l'esprit, mais je ne fus
pas envahi par des sentiments douloureux.
Nous nous séparâmes à nouveau avec forces embrassades pour
certains, bisous plus discrets pour d'autres, et nous
allions nous revoir bientôt, dans pas plus d'un mois,
c'était réconfortant.